Et alors : Un livre sur les livres cela ne se critique pas, surtout un classement, un top 100 des meilleurs bouquins de ces 100 dernières années. Ce classement est forcement subjectif si l'on considère les critères qui permettent de « noter », il est donc personnel. Cela dit, étant un fan de Frédéric Beigbeder, sachant que le n°1 au top 100 était « American Psycho » de Bret Easton Ellis et qu'on y retrouve également classés le groupe Téléphone et Kurt Cobain, je savais que dés le départ ce classement aller me parler. Les critères pour aimer un livre, quels sont-il pour Frédéric Beigbeder :

  1. tronche de l’auteur (attitude ou manière de s’habiller)
  2. drôlerie (un point par éclat de rire)
  3. vie privée de l’auteur (par exemple, un bon point s’il s’est suicide jeune)
  4. émotion (un point par larme versée)
  5. charme, grâce, mystère (quand tu te dis « oh la la comme c’est beau » sans être capable d’expliquer pourquoi)
  6. présence d’aphorismes qui tuent, de paragraphes que j’ai eu envie de noter, voire de retenir par cœur (un point par citation produisant un effet sur les femmes)
  7. concision (un point supplémentaire si le livre fait moins de 150 pages)
  8. snobisme, arrogance (un bon point si l’auteur est un mythe obscur, deux s’il parle de gens que je ne connais pas, trois si l’action se déroule dans des lieux ou il est impossible d’entrer)
  9. méchanceté, agacement, colère, éruptions cutanées (un point si j’ai ressenti l’envie de jeter le bouquin par la fenêtre)
  10. érotisme, sensualité de la prose (un point en cas d'érection, deux en cas d’orgasme sans les mains)

Autant dire que j'adhère complément à cette « échelle de Beigbeder », il est clair qu'un « American Psycho » atteint un 10 sur l'échelle de Beigbeder tant le tremblement intérieur du lecteur est immense quand il referme la dernière page de ce chef-d'œuvre de Bret Easton Elis.

Pour en revenir à « Premier bilan après l'apocalypse », l'auteur commence par un plaidoyer des livres papiers (« les tigres de papier ») qui se transforme en pamphlet contre l'internet et les livres numériques. Je rejoins son amour pour le papier, une livre ça se touche, ça se retourne, ça se corne, ça se sent, ça se collectionne, ça se prête, ça se donne, ça se perd, ça jaunit, bref ça vit. Par contre le coté chevalier blanc anti internet/livre électronique me gène un peu, personnellement je ne pense pas que les deux soient antinomiques, ils sont complémentaires et l'un ne fera pas disparaître l'autre à mon sens.

Ensuite vient l'heure du classement à proprement dit, qui commence par une critique du bouquin en question et se termine par un mimi biographie de l'auteur, ce qui est très bien vu car cela place le roman dans le contexte d'une « vie », c'est une réelle plu-value pour le lecteur. L'analyse est acerbe, ironique, humoristique, concise, c'est du Beigbeder quoi, tout ce que j'aime. Certes son classement ne sera peut-être pas le votre, en tout cas il se rapproche franchement du mien, j'y retrouve pas mal de bouquins que j'ai déjà lus et appréciés (Houellebecq, Ellis, Despentes, Kerouac, Bukowski, Miller,...) et il va falloir que je pousse les murs pour caser les 86 autres du classement dans ma pal...

Bonus : Interview sur iTELE lors de la sortie du bouquin