Le Google Trends Ubuntu 2011
Par Taltan le dimanche, septembre 18 2011, 14:24 - Geekerie cultu-libriste - Lien permanent
Ubuntu souffle cette année sa septienne bougie, cela fait donc 7 ans quasiment que j’utilisais Ubuntu quotidiennement, je ne sais pas pas si on peut mettre en parallèle les fameuses crises à 3, 7 et 10 ans dans un couple mais je suis aller voir ailleurs, du coté de chez Debian (la source...). C'est peut être un peu par lassitude mais aussi par rapport à l'orientation générale que prend Ubuntu, une histoire de gout, quoi ! En outre je trouve qu'Unbutu s'est « empatté » avec le temps (la comparaison avec le couple s'arréte là) et malgré les évolutions matérielles depuis le phacochère verruqueux je trouve que le narval chic bien moins réactif qu'il ne le devrait. D'un autre coté c'est normal vu que chez les adultes un phacochère pèse entre 50 et 150 kg alors que le narval peut atteindre 1500 kg... Faut-il y voir un lien de causalité, bien sûr que non, évidemment, surtout si l'on considère la future version d'Ubuntu, l'ocelot onirique qui pèse à l'age adulte entre 10 et 20 kg. Bon, arrêtons là ces considérations animalières et revenons en à nos moutons (qui, notons-le, peuvent être aussi lourds que des phacochères).
C'est en 2007 que j'ai fait mon premier « Google Trends Ubuntu » en comparant Ubuntu, Suse, Fedora, Debian et Mandriva, les cinq principales distributions GNU/Linux à mon sens. Pour mèmo, Google Trends permet de comparer et d'analyser l’usage et le comportement des mots clés lors des recherches Google. Cet outil d'analyse n'est sûrement pas le plus pertinent, néanmoins cela donne une bonne vision de la progression du taux de pénétration d'Ubuntu et permet à force de recoupement d'avoir des résultats exploitables de manière générale. A l'époque, en seulement 3 ans d'existence, Ubuntu avait déjà dépassé toutes les autres distributions tout en restant dans la même échelle d'utilisation. En 2008, La courbe d'Ubuntu était en croissance permanente tandis que les autres stagnaient plutôt, l'écart se creusait. En 2009, à l'auré de son cinquième anniversaire, je précisais que la « bulle » Ubuntu n'avait pas explosé, d’ailleurs, à l'époque, Mark Shuttleworth indiquait même que « Ubuntu croît de 100 % chaque année ». On notait, pour la première fois depuis la naissance d'Ubuntu, qu'à l'occasion du pic induit par la sortie de Karmic Koala, la courbe « Ubuntu » dépasse la courbe « Linux », ce qui allait dans le sens de l'analyse que framablog faisait, c'est à dire que dans l'esrpit du grand public, Linux = Ubuntu. On pouvait noter également que la courbe Ubuntu continuait de croître alors que les autres étaient plutôt sur la phase descendante.
Qu'en est-il en 2011 ? Toujours sur le même principe, le Google Trends « Ubuntu, Suse, Fedora, Debian et Mandriva » donne les courbes suivantes :
Que constate-t-on au premier coups d'œil, et bien que, contrairement à 2009, la bulle Ubuntu a à priori explosé. 2010 et 2011 affichent une chute significative de la courbe pour atteindre des niveaux similaires à 2007, voir inférieurs. Même les pics dus au nouvelle version tous les six mois sont moins importants qu'auparavant. Dans le même temps toutes les autres courbes baissent, même celle de « Linux ». Peut-on en conclure à une baisse d’intérêt globale pour les distributions GNU/Linux, je ne crois pas. Regardons les choses de plus près.
La famille des distributions GNU/linux est une grande famille, pour s'en convaincre il suffit de jeter un œil à la GNU/Linux Distribution Timeline sur l'excellent site éponyme. Les distributions vivent, certaines naissent, d'autres meurent, d'autres évoluent. Est-ce que le 5 distributions testées sont toujours représentatives ? Pas forcement. Pour l'entrevoir il suffit de tester les 12 principales distributions (sur les 12 derniers mois selon DristroWatch), à savoir, dans l'ordre : Ubuntu, Mint, Fedora, Debian, OpenSUSE, Arch, PCLinuxOS, Puppy, CentOS, Sabayon, Mandriva et Slackware. On remarque qu'il y a quatre catégories, ceux qui baissent franchement, ceux qui baissent légèrement, ceux qui augmentent légèrement et ceux qui augmentent franchement, avec une grande majorité de baisses franches :
- En hausse franche : Mint et Arch
- En hausse légère : CentOS
- En baisse légère : Ubuntu
- En baisse franche : Fedora, Debian, OpenSUSE, PCLinuxOS, Puppy, Sabayon, Mandriva et Slackware
La palme de la baisse revient à Mandriva et celle de la hausse à Linux Mint, les choses sont claires aujourd'hui quant à leurs dynamiques opposées :
Il est intéressant de mettre à la même échelle les distributions qui sont en hausses afin d'avoir une idée du volume. Il s'agit donc de mettre sur le même plan CentOS, Linux Mint et Arch Linux :
On peut constater Linux Mint est bien au dessus de Arch Linux. Il est à noter également que que CentOS est bien au dessus des deux autres. D'ailleurs le cas de CentOS est intéressant car en légère mais constante évolution à la hausse et aujourd'hui au dessus de OpenSUSE et Mandriva et quasiment à hauteur de Fedora et Debian (est-ce l'orientation pro de CentOS qui veut ça ?) :
On pourrait donc expliquer la relative baisse de la courbe Ubuntu par un déplacement des centres d’intérêts vers d'autres distributions, notamment celles qui affichent des hausses, soit fortes ou constante dans le temps, respectivement les récentes Linux Mint, Arch Linux et la professionnelle CentOS. Mais toutes proportions gardées, Ubuntu reste très largement au dessus des toutes les autres mais en baisse, légère mais constante depuis deux ans. Est-ce une des conséquences des choix et des évolutions que Canonical nous « impose »...
Pour conclure il est intéressant de mesurer l'écart actuelle entre « Ubuntu » et « Linux », comme en 2009 :
Et sur les douze derniers mois :
Les deux courbes sont toujours aussi proches, voir d'avantage qu'en 2009, mais cela est du à la baisse de la courbe linux et non à la hausse de celle d'Ubuntu. Comme on pouvait s'y attendre, les pics semestriels liés au nouvelles versions d'Ubuntu sont toujours présents. Qu'en sera-t-il si Ubuntu adopte un nouveau rythme de développement mensuel ?. Au final, l'équation Linux = Ubuntu est toujours d'actualité, mais n'assistons nous pas au début de la fin de l’hégémonie Ubuntienne. Je reprends donc ma question de 2009 qui du coups aujourd'hui n'a pas la même signification :
Alors, épiphénomène ou lame de fond ? Le débat reste ouvert... Prochain rdv dans un an !

















Commentaires
Mwai, je suis pas vraiment convaincu par ta démonstration...
Je n'utilise pas Ubuntu mais c'est ce que j'installe chez mes proches.
Y'a 4 ans, c'était encore dur d'espérer avoir une distrib qui fonctionne out of the box, tu passais pas mal de temps sur le net à essayer des faires fonctionner scanner et imprimante un peu exotique.
Aujourd'hui, j'avoue que ca fait bien longtemps que je n'ai pas fait une recherche sur Ubuntu sur google, ceci expliquant peut être cela
Et bien moi je fausse les courbes car je suis sous Debian mais je fais mes recherches avec le terme Ubuntu pour denicher plus de résultats.
J'imagine que je ne suis pas le seul à faire ça.
@virtualmix
+1
Peut-être aussi que le volume global de recherche sur google augmente, et que le fait que la courbe diminue est simplement signe que proportionnellement, les gens cherchent moins de chose en rapport avec leur distribution que d'autres sujets.
Mais ça ne veut pas dire que les gens cherchent moins de choses en rapport avec leur distribution, c'est juste une histoire de ratio.
Peut-être que quelqu'un a une explication plus complète du fonctionnement de google trends ?
Je pense qu'il faut reconnaitre une chose : Ubuntu a ouvert la voie à un linux possible pour Mr toutlemonde (Mme Michu)!
Dire que Ubuntu a des manques au niveau des devs upstreams, ce n'est pas faux.
Seulement, on peut leur reconnaitre quelques devs de qualité même si ils sont parfois redondants et critiquables :
Ubuntu One, système d'installation graphique, logithèque Ubuntu, Bazaar, launchpad, rosetta, dépots ppa etc.
Sans compter les traductions, système d'évaluation et notation d'un soft, documentation, wikis, forums etc qui représente la face caché de l'iceberg.
Je pense que pour certaines personnes, l'objectif de Ubuntu est mal compris.
Si vous pestez sur la dernière Ubuntu et que votre niveau de compétence ou votre temps est limité, passez sur une LTS (jamais eu de vrai problème dans le cas ou l'on ne modifie pas son sources.list ou qu'on compile pas comme un porc)! Et oui, c'est aussi ça que Ubuntu apporte à la différence de Debian : un support de qualité où on sait quand ça sort et jusqu'à quand c'est maintenu... c'est quand même plus que louable.
Les versions qui sortent toutes les 6 mois sont des versions intermédiaires pour des utilisateurs avancés ou des testeurs/développeurs d'après moi même si c'est pas assez mis en avant.
Tout le monde se rappel de l'intégration de pulseaudio ou avahi qui en a fait pester plus d'un alors que ça apportait au final un réel plus.
Quand on est précurseur et qu'on ne s'adresse pas à une élite, on essuie forcément des plâtres.
Perso, j'ai mis mes parents à Ubuntu en LTS, je me voit pas leur dire de passer à Fedora et rechanger leurs habitudes!
Pour avoir des rapports de bugs pertinents, ils faut un vrai panel d'utilisateurs autours et pas que des devs.
Ubuntu à sensiblement mis en lumière des projets prometteur et c'est là leur force : la com!
Tester, intégrer, mettre en valeur des logiciels ou établir des ponts entre des logiciels diamétralement opposés est très délicat et demande des fois plus de temps et de compétences que juste développer un soft dans son coin.
Quand je vois que de plus en plus de projets multi-architecture (windows et mac en général) se penche sur linux, on ne peut pas trop leur jeter la pierre en pensant à un paquet ubuntu i386 et x86_64 dans le meilleur des cas.
Comment leur dire : hé les gars, si vous participez au monde du libre, c'est pas seulement Ubuntu mais également un paquet pour Fedora, Archlinux, Gentoo, Bsd et consort et ça pour toutes vos releases!
Autre point gênant provenant des utilisateurs type Mme Michu : ils viennent de windows pour la plupart et s'en foute des licences : Ubuntu à trouver un compromis avec leurs paquets restricted ou multiverses en restant dans l'esprit du libre tout en étant pragmatique.(avant de trouver un remplaçant au flash ou une implémentation libre de flash, il serait bon de proposer tout de même la version proprio.)
Conséquences : les distribs comme Linux Mint (on inclus tout sans se poser de question) décolle.
Je pense également que Ubuntu devrait se recentrer un peu :
C'est bien de proposer Ubuntu pour KDE, Gnome, XFCE et bientôt LXDE (sans les ubuntu studio etc.) mais est-ce qu'un environnement très bien supporté ne suffirait pas?
Autre remarque : les vrais devs partent souvent sous archlinux car une attente tous les 6 mois est sensiblement trop longue : passer en rolling release avec des LTS serait peut-être un bon compromis.
Je terminerai sur les résultats de Google Trend :
Là ou je vois une différence manifeste dans la recherche d'il y a 4-5 ans à maintenant :
Je ne tape plus Ubuntu dans google mais je fais un tour sur les wikis bien documentés ou les forums.
Je n'effectue quasiment plus de recherche consernants des problèmes de drivers!
Il aurait été pertinent, je pense, de sortir un peu du monde linuxien pour voir s'il n'y aurait pas une influence extérieure, du genre, au hasard, Apple, qui a explosé avec l'iPhone. Ca expliquerait pourquoi moins de mondent se tournent vers linux.
Peut-être Windows7 aussi mais j'en doute (pas de quoi fouetter un chat).
Je te rejoins tout à fait mothsart, Ubuntu à fait que Mme Dugenou (la cousine de Mme Michu) a pu se lancer dans autre chose que Windows, et c'est tant mieux. La visibilité qu'à offert Ubuntu au monde du libre est énorme, le grand public a découvert que « faire » du PC pouvait se faire avec autre chose, gratuit de surcoit et sans problème de licences. Dès le départ cette distribution se présentait elle même comme un système simple et grand public utilisable sur le bureau de monsieur tout le monde (c'est ce qu'on lui reprochait d’ailleurs à l'époque). Et c'est toujours le cas, Ubuntu est une distribution orientée « home user » ou « entreprise desktop user » et tant mieux, elle tire tout le monde vers le haut.
Ybabel dans son commentaire parle de d'Apple et de l'iphone, L'iphone a eu l'effet d'une bombe au moment de sa sortie, certain ne s'en sont toujours pas remis (Nokia, Palm...), Apple a tiré le marché vers le haut en inventant un « concept » et tout le monde s'est aligné, certains l'ont même dépassés, mais l'iphone reste le king car il a toujours une longueur d'avance et la dynamique n'est pas près de s’essouffler à mon sens. Ubuntu est l'iphone des distributions Linux, Il pousse tout le monde vers le haut, mais comme pour l'iphone (politique commerciale, format propriétaire) on peut émettre des doutes sur certaines évolutions ou orientations que prend Canonical. Mais les fait sont là, Ubuntu a aujourd'hui vraiment « pénétré » le marché, dans plusieurs domaines, le pro, le particulier, les services, le support. Comme tu le précises, une de ses forces c'est sa communauté. L'activité commerciale et la grande activité de la « communauté » font d'Ubuntu un moteur, mais attention à la panne d'essence.
J'ai également converti des Mme Dugenou, a Ubuntu, puis maternant à Debian, et oui, Debian. Car finalement Debian c'est un peu une Ubuntu LTS (aïe, aïe, non pas la tête
), une fois configuré, ça bouge plus, et en terme d'utilisation (mail, facebook, photos, vidéos et web) finalement ce n'est que du gnome... Mais là n'est pas le plus important, le plus important finalement c'est que Mme Dugenou ne me traite pas de dingue de geek si on lui explique qu'il existe une alternative que l'on peu utiliser sans difficulté, et qu'au bout de X années d'utilisation elle nous dise que c'est bien mieux qu'avant => c'est grâce à Ubuntu qui a ouvert une voie qui j'espère n'est pas prêt de se refermer
C'est vrai que Debian est critiqué pour sa célèbre mention "ça sort quand ça sera prêt" qui n'est plus vraiment valable : depuis la Sarge, la communauté c'est tenu à une sortie tout les 2 ans avec une maintenance de +ou- 3ans.
C'est pas trop mal mais comparé à 5 ans pour une Ubuntu LTS... c'est un peu moins bien.
Ensuite, savoir si la maintenance assuré par une entreprise par rapport à une organisation communautaire est meilleur ou non : c'est très délicat d'y répondre.
La grosse différence avec Canonical, c'est qu'on peut se plaindre à quelqu'un si un bug n'est pas corrigé ou autre.
Pour l'iphone et apple, c'était vrai mais le vent tourne : plus de vente de tel sous androïd que sur ios.
Et franchement leur politique d'applications merdiques gratuites et le reste payant ça fait un peu élitiste.
Sans rentrer dans le débat : la part que ce fait apple sur une appli au nez du dev n'est-elle pas trop conséquente?! pourquoi Apple modère les applications sur l'apple store ou enfin les raisons de ne pas inclure certaines technologies...(d'ailleurs toutes les autres marques ne se prive pas de mentionner qu'ils peuvent lire du flash)
Comme dirait maitre Yoda au sujet d'Apple: "Le côté obscur est plus rapide, plus tentant, plus facile à maitriser..."
Bon, j'ai vu les teaser sur l'iphone 5 : ça à l'air révolutionnaire, encore une fois.
Je trouve que ça reste du gadget : donnez-moi une appli qui vous a réellement révolutionné la vie (qu'un autre téléphone ne sait pas faire)?
Me fait un peu rire tout ces fans d'apple proche des fans écervelés d'une groupe de musique.
Enfin, le départ de Steve Jobs risque aussi de ralentir les émules d'ici les années à venir (on vire le chanteur du groupe et la mayonnaise retombe.)
J'aurai du mal à te donner une appli qui a révolutionné ma vie avec l'iphone et qui n'existe pas sous android car je ne suis absolument pas un fanboys d'apple (c'est même plutôt l’inverse) et je n'ai même pas de téléphone sous android
Je te rejoins sur le fait de dire que le départ du patron d'apple risque de ralentir la machine...
Attention avec ces courbes. On a aucune information sur la valeur des Y.
Ils sont en effet mis en relation avec le nombre total de recherche. Et donc le nombre de recherche peut augmenter à propos d'Ubuntu, mais si il augmente moins que les recherches globales, la courbe sera descendante. Idem pour les autres distribution. Ca peu servir d'outil de comparaison mais pas vraiment plus.
Etonnant, il y a un fait spectaculaire mais pas tu tout analysé et peu commenté : la baisse de la trend sur "linux". Pourtant c'est la tendance la plus nette, incomparablement plus forte que toutes les autres.
A mon avis, si on ne cherche plus "linux" ni "ubuntu" (qui se suivent) c'est que ces recherches sont devenues banales. maintenant, les recherches portent sur des trucs plus précis.
tu oublies peut-être un graphique dans ton analyse ...
http://www.google.fr/trends?q=ubuntu%2C+android
:D
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